slide-icon

Revenez, Roberto De Zerbi, et sauvez la Premier League du « Pulisball » survolté

Roberto De Zerbi semble arriver en fin de parcours à Marseille.

Dix jours après des rumeurs de démission relayées par les médias français, De Zerbi a subi ce qui est peut-être sa défaite la plus préjudiciable à ce jour : un cinglant 5-0 dans le Classique, un résultat qui réduit presque à néant ses minces espoirs de titre en Ligue 1.

Il n’y a pas si longtemps, ils étaient présentés comme des outsiders capables de jouer les trouble-fête. En septembre, ils avaient signé une rare victoire contre le PSG au match aller, avant d’enchaîner huit succès en 10 journées de Ligue 1 pour se retrouver au coude-à-coude avec les champions habituels à la fin novembre.

Cette série a sans doute offert la meilleure expression du jeu prôné par De Zerbi jusqu’à présent. Son équipe a inscrit trois buts ou plus contre Lorient, Metz, Le Havre, Brest et Nice, tous incapables de résister à l’intensité de son approche tactique à haut risque et à fort rendement.

La situation était également prometteuse en Ligue des champions. Il leur suffisait d’éviter une catastrophe totale lors des deux derniers matches pour se qualifier pour les barrages.

Malgré deux prestations catastrophiques lors de leurs défaites 3-0 contre Liverpool et le Club Bruges, Marseille était encore qualifié dans les toutes dernières secondes de la phase de ligue.

Bruges a même affiché un message de félicitations sur son écran géant, avant que la folie du gardien de Benfica dans les derniers instants ne change tout.

Ce moment a résumé le début d'année 2026 particulièrement cruel de l'OM. L'année a commencé par une défaite surprise 2-0 contre Nantes. Puis Marseille a concédé l'égalisation dans la dernière seconde du Trophée des champions avant de s'incliner aux tirs au but face au PSG.

Et maintenant ça. Marseille a semblé totalement sonné pendant que le PSG s’amusait face à lui au Parc des Princes dimanche soir. Cinq buts encaissés. Le score aurait pu être encore plus lourd.

« C’est une période difficile... nous avons livré de bonnes performances contre Rennes et Lens, puis c’est le désespoir total. Une fois encore, je présente mes excuses aux supporters », a déclaré De Zerbi aux journalistes.

« Nous allons parler avec [le directeur sportif Medhi] Benatia et Longoria pour comprendre ce que nous pouvons faire. Car ces défaites font mal, surtout à Paris, surtout de cette manière. »

De Zerbi a souvent évoqué son admiration pour Marcelo Bielsa, l’une de ses plus grandes influences, qui a connu une période similaire au Stade-Vélodrome.

Le Marseille de Bielsa, à son meilleur, était une force de la nature. L’équipe a remporté huit matches consécutifs de Ligue 1 au début de son mandat et a passé 14 journées en tête du classement, avant de s’effondrer de façon spectaculaire.

Les Olympiens se sont bien repris en remportant leurs quatre derniers matches de l’unique saison de Bielsa, mais le mal était déjà fait. Ils ont finalement dû se contenter d’une très décevante quatrième place.

Au moins, l’apprenti peut désormais dire qu’il suit les traces de son grand maître.

Il reste encore beaucoup à sauver cette saison. Marseille est toujours en Coupe de France et, après l’élimination surprise du PSG, apparaît comme le favori. Le titre s’est envolé, mais une qualification pour la Ligue des champions reste tout à fait à portée.

Mais à voir les dernières semaines, il est impossible d’échapper au sentiment que nous approchons du dénouement. Comme Bielsa dans ses pires moments, on ne l’imagine pas se relever de cela.

Ce que la Ligue 1 pourrait perdre pourrait bientôt profiter à la Premier League. La moitié du championnat pourrait chercher un nouvel entraîneur d’ici l’été, et l’Italien atypique est régulièrement annoncé sur le chemin du retour.

Le football anglais réclame l’approche singulièrement dogmatique de De Zerbi. Qu’il s’agisse d’un succès exaltant ou d’un échec retentissant, son football ne cesse jamais de captiver.

La nouvelle normalité de la Premier League est devenue bien fade en son absence : coups de pied arrêtés, longues touches, gains marginaux, duels remportés. De quoi bâiller.

Le football anglais appelle un iconoclaste capable de briser les codes et de nous sortir de ce « Pulisball » survitaminé.

On voit mal Bielsa faire cela lui-même, à 70 ans et avec un emploi du temps déjà bien chargé

Roberto De ZerbiMarcelo BielsaChampions LeagueLigue 1Premier LeagueMarseillePSGLiverpool