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La question sans réponse à Liverpool qui définira le règne d’Arne Slot

Les détracteurs d’Arne Slot parmi les supporters de Liverpool peuvent estimer qu’il ne devrait pas évoquer ce jalon du club, mais l’histoire montre que ne pas le faire aurait été encore plus surprenant. Le Néerlandais atteint la barre des 100 matches à la tête des Reds. Seuls trois de ses prédécesseurs considérés comme permanents n’y sont pas parvenus — et même dans ce cas, l’un d’eux, Kenny Dalglish, l’avait déjà fait lors de son premier passage. Il ne reste ainsi que Roy Hodgson et le secrétaire-manager aujourd’hui oublié George Patterson en dehors du club des cent.

Dalglish revêt aujourd’hui une importance particulière pour Slot. Le deuxième passage de l’Écossais s’est achevé peu après une finale de la FA Cup, ce qui peut offrir un parallèle. Pour l’instant, Dalglish détient le record du plus grand nombre de victoires sur les 100 premiers matches, avec 62 succès. Si Slot bat Galatasaray à Istanbul, il délogera la légende du club en tête de ce classement précis.

Autant d’arguments pour répondre à ses détracteurs. Le pourcentage de victoires impressionnant de Slot repose certes sur un départ spectaculaire : 18 succès lors de ses 20 premiers matches. Depuis, son taux de victoires — 55,6 % — est très proche du bilan global d’un entraîneur de Liverpool entré dans la légende à Istanbul, Rafa Benítez.

Sur ses 36 dernières sorties, le chiffre tombe à 50 %, le taux avec lequel Brendan Rodgers a terminé, juste en dessous de David Ashworth, qui a remporté un titre de champion mais — dans un choix que Slot est peu susceptible d’imiter — a quitté son poste pour prendre les rênes d’Oldham.

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Florian Wirtz, de Liverpool, et l’entraîneur Arne Slot à l’entraînement (Action Images via Reuters)

Le deuxième de ces 36 matches — et le deuxième d’une série de neuf défaites en 12 — s’est joué au Rams Park, face à Galatasaray. Une revanche rapide s’annonce périlleuse, comme la Juventus peut en témoigner, mais elle peut aussi être perçue comme une récompense. Pendant des mois, Slot est resté contrarié par le fait que, après avoir terminé en tête du classement de la Ligue des champions la saison dernière, le format ait conduit Liverpool à affronter le Paris Saint-Germain. Cette fois, une équipe classée troisième cette année affronte une autre qui a terminé 20e et qui est, en théorie du moins, la deuxième plus mal classée à se qualifier pour les huitièmes de finale.

Une nouvelle fois, l’équipe de Slot bénéficie de l’assurance d’un match retour à Anfield. Elle n’a pas besoin de revenir d’Istanbul avec un avantage ; contrairement à la Juventus, l’essentiel est d’éviter d’encaisser quatre buts en une mi-temps et de se retrouver au bord de l’élimination.

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L'entraîneur de Liverpool, Arne Slot, atteindra la barre des 100 matches à la tête de l'équipe à Istanbul

À bien des égards, la deuxième saison de Slot à Anfield est nettement inférieure à sa campagne inaugurale. Liverpool est toutefois allé plus loin en FA Cup et peut en faire autant en Ligue des champions. À Anfield, remporter la compétition confère un statut particulier et, si les Reds ont rarement donné l’impression d’être de sérieux candidats au titre européen cette saison, malgré leur position élevée lors de la phase initiale, ils peuvent néanmoins se targuer d’avoir battu l’Atlético de Madrid, le Real Madrid et l’Inter Milan.

Slot a remporté 77,7 % de ses confrontations en Ligue des champions en tant qu’entraîneur de Liverpool ; s’il parvient à maintenir ce ratio sur plusieurs saisons, le succès semble assuré. Toutefois, une partie de ces statistiques flatteuses s’explique par l’héritage laissé par Jürgen Klopp, qui a conduit Liverpool à trois finales de la Ligue des champions. Cette première série de victoires a été obtenue avec une équipe construite par Klopp.

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Baris Alper Yilmaz et Eren Elmali, du Galatasaray, célèbrent après l’élimination de la Juventus (Reuters)

Il s’agit désormais d’une équipe différente. La confirmation est tombée samedi avec la signature par Ryan Gravenberch d’un nouveau contrat de six ans. Recruté par Klopp, le milieu de terrain a été érigé en pièce maîtresse par Slot. Gravenberch est l’un de ses succès emblématiques.

Autre exemple, Dominik Szoboszlai, également recruté lors du dernier mercato estival de Klopp en 2023, qui a affiché de belles promesses sous les ordres de l’Allemand. Le Hongrois pourrait désormais devenir le premier joueur de Liverpool à marquer ou délivrer une passe décisive lors de sept matches consécutifs de Ligue des champions, un exploit d’autant plus remarquable s’il le réalise au poste de latéral droit.

Le contrat de Gravenberch et les premières discussions avec Szoboszlai au sujet d’une prolongation montrent que l’avenir commence à se dessiner. Un projet coûteux, alors que Liverpool affichait la masse salariale la plus élevée de Premier League la saison dernière, à 428 millions de livres, avant d’engager environ 450 millions de livres sur le marché des transferts, des recrues susceptibles d’alourdir encore les salaires.

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Mohamed Salah, de Liverpool, célèbre le deuxième but de son équipe face à Wolverhampton (Peter Byrne/PA Wire)

C’est la raison pour laquelle on attendait davantage cette saison et pourquoi certaines évaluations de Slot ont été peu flatteuses. La question, toujours sans réponse, est de savoir s’il peut transformer ce groupe assemblé à grands frais et très bien rémunéré en une équipe aussi redoutable que certaines de ses devancières.

Il y a peut-être une ironie à constater que c’est un Liverpool par ailleurs peu reluisant qui a décroché sa victoire la plus célèbre, à Istanbul. L’équipe de Benítez en 2005 avait terminé cinquième de Premier League, comme celle de Slot pourrait le faire aujourd’hui.

Liverpool n’a pas besoin d’un miracle sur les rives du Bosphore cette fois-ci. Mais un résultat favorable serait bienvenu, permettant à Slot d’aborder sa tentative de devenir le 13e entraîneur à diriger 200 matches des Reds, à l’occasion de son premier quart de finale de la Ligue des champions.

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