L’équipe féminine iranienne pourrait risquer la prison, voire la mort, simplement pour avoir perdu un match de football
La tension est vive pour l’équipe féminine iranienne après la défaite 2-0 contre les Philippines, qui a mis fin à son parcours en Coupe d’Asie féminine, tandis que des manifestants en Australie ont encerclé le bus de l’équipe, suscitant des craintes pour la sécurité des joueuses en cas de retour au pays.
Environ 50 manifestants, dont certains brandissaient le drapeau du Lion et du Soleil, ont bloqué le bus à la sortie du stade sur la Gold Coast dimanche soir, un incident qui a mis en lumière les inquiétudes croissantes quant aux lourdes représailles auxquelles ces femmes pourraient être confrontées en Iran.
Le drapeau iranien du Lion et du Soleil (Shir-o-Khorshid), utilisé avant la Révolution islamique de 1979, est devenu un symbole de défi face au régime actuel, des manifestants l’ayant brandi pour réclamer la protection des joueurs et de leurs familles.
Le refus de l’équipe féminine de chanter l’hymne national iranien plus tôt dans le tournoi a suscité une attention internationale.
La vague de réactions hostiles a renforcé les craintes qu’ils puissent être emprisonnés, voire tués, à leur retour au pays, leurs proches étant également potentiellement en danger.
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a déclaré que l’Australie « se tient solidaire » de l’équipe féminine iranienne de football et a appelé à des mesures urgentes pour garantir leur sécurité, rappelant la responsabilité du pays en tant que nation hôte du tournoi.
L’Australie affiche son soutien à l’équipe féminine iranienne
Des milliers d’Australiens ont signé des pétitions appelant le gouvernement à agir, avertissant que les joueurs sont confrontés à une « situation impossible » et soulignant que tout retour forcé pourrait mettre en danger leur vie ou la sécurité de leurs proches restés au pays.
"Ces préoccupations sont immédiates et sérieuses. Lors de leur match d’ouverture, des membres de l’équipe seraient restés silencieux pendant l’hymne national iranien", indique la pétition.
Des informations jugées crédibles ont également fait état d’inquiétudes selon lesquelles du personnel lié au régime serait intégré à la délégation, que les joueurs ne seraient pas libres de se déplacer et que leurs communications seraient restreintes.
"L’Australie accueille ce tournoi. Cela implique non seulement des responsabilités logistiques, mais aussi des responsabilités morales… Ces joueurs ne doivent pas être renvoyés dans une situation de danger parce qu’ils ont exprimé leur conscience, leur dignité ou leur peur au vu et au su de tous."
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