Révélé : quand Pep Guardiola décidera de son avenir à Manchester City, et les indices qu’il a donnés après la défaite contre le Real Madrid sur la possibilité que ce soit vraiment la fin, alors que City étudie de possibles remplaçants
D’ordinaire, Pep Guardiola ferait le tour du terrain aux côtés de ses joueurs pour saluer ceux qui étaient restés, surtout lors d’une soirée qui offrait bien plus de motifs de satisfaction que ne le laissait d’abord penser une défaite aussi lourde en Ligue des champions.
Mais la visite du Real Madrid chez Manchester City fut si chaotique, avec tant d’éléments à analyser et tant de raisons d’espérer un avenir plus radieux, qu’une fois les poignées de main terminées, Guardiola et sa surchemise à carreaux avaient déjà disparu dans le tunnel.
Une soirée qui l’a poussé à se demander : « et si ? ». Mais aussi une soirée qui a sans doute renforcé l’idée que la reconstruction de City va dans la bonne direction. Veut-il vraiment que cette quatrième élimination en cinq ans face au Real soit son dernier acte en Europe comme entraîneur ?
Le scénario du match a reflété le bilan général de Guardiola dans cette compétition en Angleterre. Au final, une histoire de malchance, mais aussi de regrets, le principal étant la fragilité mentale d’une équipe capable de concéder un but puis très vite un deuxième, avant de se retrouver menée et de courir après le score à l’aveugle.
En ce sens, la défaite de City 2-1 face au Real Madrid, et 5-1 sur l’ensemble des deux matches, a résumé la décennie de Guardiola à sa tête. Le scénario aurait pu être tout autre sans un Thibaut Courtois inspiré, si City avait converti l’une de ses premières occasions au Bernabéu ou si Bernardo Silva n’avait pas instinctivement levé le bras. Autant d’épisodes qui continueront de hanter Guardiola, dont le bilan d’un seul trophée en 10 saisons a relancé les questions sur son avenir après la rencontre.
« Tout le monde veut me virer, pourquoi ? », a-t-il lancé, exaspéré par une troisième question sur le sujet. Selon les interlocuteurs, ses réponses ont été interprétées soit comme le signe qu’il restera la saison prochaine — son contrat courant jusqu’en 2027 — soit comme l’indice qu’il fera ses adieux cet été, sans vouloir s’y engager publiquement par crainte des conséquences.
Pep Guardiola réfléchira à son avenir à Manchester City après la finale de la Coupe de la Ligue

Il partira lundi pour réfléchir à ce qui est le mieux pour lui et pour Manchester City ; certains jours, il s’interroge sur son niveau d’énergie, malgré un contrat courant jusqu’en 2027


La réalité semble se situer exactement entre ces deux scénarios. Guardiola peut paraître vague et peu engagé parce qu’il ne sait tout simplement pas ce qui l’attend. Certains jours, il s’interroge sur son niveau d’énergie. D’autres, c’est comme s’il avait 36 ans et repartait de zéro avec l’équipe réserve du FC Barcelone.
Le staff le sait et le voit. Guardiola affiche ses émotions et ses pensées au grand jour, jusque dans ses manches amples, dans un style qui ne détonnerait pas dans l’Amérique profonde.
Selon les informations en circulation, le technicien de 55 ans devrait s’éloigner lundi, après la finale de la Carabao Cup, afin de réfléchir à ce qui est le mieux pour lui et pour City, un moment qui doit lui offrir l’espace nécessaire pour bien peser sa décision. Au vu du calendrier chargé et de l’irrégularité des performances qui le maintient rivé au tableau tactique, il paraît peu probable qu’il ait eu le temps nécessaire pour arrêter une décision aussi déterminante.
Il viendra aussi un moment où le directeur du football Hugo Viana devra être mis au courant. Comme on le sait, City a eu des échanges informels avec Enzo Maresca, également étudié par le Real Madrid après le départ de Xabi Alonso. Maresca n’est pas le seul à avoir échangé avec Viana, et Guardiola a toujours jugé prudent d’anticiper l’avenir.
Ce n’est pas la première fois que City sonde de potentiels remplaçants avec l’aval de Guardiola, les discussions avec d’éventuels successeurs ayant été particulièrement notables en 2021. La saison dernière, il a choisi de prolonger au milieu d’une série de défaites surprises, alors qu’il se trouvait à Dubaï, après en avoir discuté avec le président Khaldoon Al Mubarak.
Il y a beaucoup de matière sur laquelle travailler ici, et Guardiola continue d’affirmer que « nous reviendrons » la saison prochaine, expliquant mardi soir qu’il emploie le pluriel simplement parce qu’il se sentira toujours partie intégrante du collectif d’un club qu’il dirige depuis si longtemps.
La réaction au quatrième titre consécutif historique en Premier League en 2024 a pesé sur l’ensemble de ce dossier : City a choisi de ne pas se montrer agressif sur le marché des transferts cet été-là, se laissant convaincre que l’effectif pouvait repartir sans refonte. Ce n’était pas le cas, et depuis, le mercato n’a pas été aussi fluide.
Cela donne à Guardiola un projet : des joueurs plus jeunes, davantage capables de rivaliser l’an prochain après avoir progressé et appris à jouer ensemble avec plus de confiance. Voir des progrès tangibles est ce qui le motive, et cela agira comme un moteur, car cette équipe de City, dans sa version actuelle, ne peut que s’améliorer.
Lorsqu’il sera absent la semaine prochaine, après Arsenal à Wembley, la direction du club espérera que ces pensées l’emportent sur le souvenir des longs et rudes hivers.