Le trait qui a empêché la saison de Liverpool de sombrer dans le chaos
Gagner sans bien jouer est censé être la marque des champions. Liverpool ne le sera plus très longtemps, mais cela peut être le signe d’une équipe capable au moins d’atteindre la Ligue des champions. Ou, comme le dirait Arne Slot, d’un simple coup isolé.
Selon lui, de bonnes performances n’ont trop souvent pas été récompensées cette saison. Liverpool a donc livré, de son propre aveu, la pire première période de son mandat à Nottingham Forest, tout en s’imposant malgré tout.
Un cas extrême, un match aux particularités propres, mais qui s’inscrit dans une tendance plus large. Sans toujours atteindre des sommets, Liverpool est devenu difficile à battre et tout aussi difficile à écarter de la course au top 5. Le club n’a perdu que deux de ses 20 derniers matches toutes compétitions confondues. Ces deux défaites, que Slot jugeait imméritées, se sont jouées sur des décisions dans le temps additionnel. À chaque fois, la réaction a été immédiate : une lourde victoire contre Qarabag quatre jours après la défaite face à Bournemouth, puis un succès au Stadium of Light trois jours après l’obscurité de la défaite contre Manchester City.
Le succès de City (2-1) à Anfield a laissé Liverpool face à la perspective de voir une saison marquée par 450 millions de livres de dépenses se conclure en Ligue Europa, voire en Conference League. Toujours sixièmes, les Reds ont toutefois comblé, lors des deux dernières journées, un retard de quatre points sur Chelsea, alors que les hommes de Liam Rosenior, qui recevaient Leeds et Burnley, pouvaient espérer compter sept ou huit points d’avance sur l’équipe de Slot, pourtant confrontée à des affiches a priori plus relevées.
Liverpool a trouvé différentes manières de gagner à l’extérieur : avec autorité à Sunderland, plus laborieusement contre Nottingham Forest. Ceux qui ignoraient la charge de travail respective des deux équipes auraient pu croire, en première période, que Liverpool, en difficulté, était celui qui avait joué à Istanbul trois jours plus tôt, tandis qu’un Forest plus vif et apparemment plus frais avait bénéficié d’une semaine sans match — alors que c’était l’inverse.
Buteur du match, Alexis Mac Allister a reconnu qu’ils avaient été mauvais dans tous les secteurs en début de rencontre dimanche. « Le placement, l’intensité, le pressing : rien n’allait », a déclaré le milieu de terrain. « Peut-être seulement la manière dont nous avons défendu notre surface. »

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Alexis Mac Allister a sauvé Liverpool grâce à un but en fin de match
Slot a également mis l’accent sur ce point. Cela illustre la résilience accrue de Liverpool. L’équipe a encore connu des passages défensifs plus fragiles et concède toujours sur des erreurs individuelles, mais elle a signé sept clean sheets lors de ses 13 derniers matches toutes compétitions confondues, dont chacun des trois plus récents. En Premier League, lors de huit de ses dix dernières rencontres, Liverpool a maintenu ses adversaires à un xG inférieur à 1,0 (les deux exceptions correspondant aux deux défaites) ; même lorsque Forest a dominé, cela ne s’est pas traduit par un grand nombre d’occasions franches.
À l’image de ces tirs contrés, cela illustre la progression d’Ibrahima Konaté, absent lors de la défaite contre Bournemouth pour des raisons personnelles. Son association avec Virgil van Dijk a offert une base solide, malgré l’instabilité observée ailleurs.
Slot a utilisé trois joueurs au poste d’arrière droit contre Forest, sans qu’aucun ne soit spécialiste du rôle. Une partie du problème vient du fait que Dominik Szoboszlai est sa meilleure option disponible à la fois à droite de la défense et au milieu de terrain : le rapport de force a commencé à basculer face à Forest lorsqu’il a placé le Hongrois au cœur de son équipe.

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Ibrahima Konaté s’est pleinement affirmé ces dernières semaines (Nick Potts/PA Wire)
Les ressources de Liverpool apparaissent désormais si fragiles que la moindre blessure pourrait faire dérailler la saison, surtout en cas d’absence prolongée de Konaté, Van Dijk, Szoboszlai ou Hugo Ekitike. Heureusement pour les Reds, les deux défenseurs centraux et le talisman polyvalent semblent presque indestructibles.
La force de caractère a permis à la saison de Liverpool d’éviter l’implosion, qui semblait possible après neuf défaites en 12 matches. Depuis, un esprit d’unité et de combat pour une cause commune s’est installé, signe que les joueurs soutiennent Slot, même lorsque le jeu manque de fluidité.
Cette équipe affiche une détermination et une capacité de résistance, incarnées par l’omniprésent et infatigable Szoboszlai, capable de peser sur chaque match depuis de nombreuses positions. Pourtant, la dernière démonstration de l’esprit combatif de Liverpool a été rendue nécessaire, en partie, par un manque de la qualité qu’on lui prêtait.

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Dominik Szoboszlai est sensationnel cette saison (REUTERS)
Pour la première fois de sa carrière à Liverpool, Mohamed Salah est resté neuf matches de championnat sans marquer. La rencontre contre Forest a été le premier match de ligue cette saison sans la présence des deux joueurs à 100 millions de livres ; Alexander Isak a manqué la majorité des rencontres et a eu une influence limitée lors de certaines de ses apparitions, tandis que Florian Wirtz a mis du temps à s’adapter, avant de briller au cours des deux derniers mois.
Sa blessure au dos ne devrait pas l’éloigner longtemps. En son absence, Liverpool a manqué de créativité et de classe, mais a fait preuve de caractère pour s’en sortir. L’équipe a démontré une réelle capacité de résistance.
Et si des buts dans le temps additionnel — inscrits par Bournemouth et City, par Leeds et Fulham — peuvent leur coûter cher en fin de saison, l’intervention de Mac Allister à la 97e minute à Forest a offert l’hypothèse inverse : celle d’un symbole de leur sursaut.