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Comment João Cancelo a offert au FC Barcelone la liberté tactique qui lui manquait

Il y a quelques semaines, le FC Barcelone était sous le feu des projecteurs en accueillant Levante au Spotify Camp Nou. Une saison qui semblait se dérouler sans encombre a connu un coup d’arrêt inattendu, des faux pas récents ayant fait chuter le club catalan à la deuxième place du classement de Liga.

La défaite 2-1 contre Gérone, ajoutée à la lourde défaite 4-0 face à l’Atlético de Madrid en Coupe du Roi, a provoqué des remous dans le camp de Hansi Flick. En réponse, le FC Barcelone s’est imposé 3-0 face au club valencien au terme d’une prestation maîtrisée.

Cependant, le score ne raconte pas toute l’histoire de la soirée. En coulisses, sur le flanc gauche, Cancelo a livré une prestation qui a transformé un poste « défensif sur le papier » en l’arme la plus expressive du FC Barcelone.

Face à Levante, l’international portugais a montré au FC Barcelone ce qui lui manquait depuis longtemps : un latéral capable d’attaquer comme un meneur de jeu et de permettre au reste de l’équipe d’évoluer plus haut sur le terrain, plus près du but.

Une performance individuelle qui a redonné au Barça des allures de Barça.

Le passage de Cancelo au FC Barcelone a beaucoup fait parler avant le match contre Levante. Arrivé en janvier en prêt en provenance d’Al Hilal, l’ancien joueur de Manchester City a eu du mal à obtenir du temps de jeu, le temps de retrouver sa condition physique.

Pendant ce temps, la presse espagnole, fidèle à ses habitudes, a relancé les spéculations selon lesquelles Flick ne ferait pas totalement confiance à la star vétéran. À bien des égards, le onze aligné par l’entraîneur a semblé être une réponse directe à ces affirmations sans fondement.

Le Levante s’est montré dangereux dès les premières secondes, mais le FC Barcelone a rapidement réagi. Dès la 4e minute, Marc Bernal a donné l’avantage aux Catalans en reprenant un centre à ras de terre d’Eric Garcia.

Le détail clé est que Cancelo a délivré une passe en profondeur d’une précision chirurgicale à Eric, permettant à l’Espagnol de centrer.

– Dimanche 22 février 2026

Si cela a offert l’avantage initial au FC Barcelone, le moment fort de Cancelo est intervenu à la 32e minute. Il a délivré une balle subtilement piquée à Frenkie de Jong, dont l’appel parfait dans la surface s’est conclu par un but.

C’était le genre de passe que les supporters du FC Barcelone avaient oublié qu’un arrière latéral pouvait réaliser.

Jules Kounde comme Alejandro Balde ont montré leurs limites, rappelant précisément ce qui manquait au club : des courses, des passes cassant les lignes et des centres capables de surprendre la défense adverse.

Cancelo a déplacé la source du jeu offensif du FC Barcelone du dernier tiers vers les couloirs. Il s’est approprié le flanc gauche et a profondément modifié la perception de la structure offensive de Flick.

Le principal enseignement de la soirée n’a pas été la performance de Cancelo en elle-même, mais la nature de la menace qu’il représente. Son intelligence naturelle rend difficile pour les défenseurs adverses de le cantonner à un seul registre.

Il ne se contente pas de dédoubler comme un coureur appliquant des consignes. Il choisit ses trajectoires et les angles qu’il veut exploiter. Il sait quand rentrer à l’intérieur et quand déborder à l’extérieur. Il comprend quand utiliser son pied droit et quand centrer du gauche.

À bien des égards, il a dicté le tempo sur son côté comme un milieu de terrain le ferait dans l’axe. Lorsqu’il reste écarté, il fixe le latéral adverse et possède la capacité d’éliminer son vis-à-vis en un contre un, le plus souvent.

Lorsqu’il rentre à l’intérieur, il crée une supériorité numérique dans le demi-espace gauche et oblige l’adversaire à choisir entre le suivre en laissant de l’espace sur le côté ou laisser Cancelo avoir le ballon. Aucune des deux options n’est satisfaisante pour l’équipe qui défend.

C’est ce que font les latéraux offensifs de l’élite. Ils ne se contentent pas d’apporter de la largeur à l’équipe : ils posent des dilemmes à l’adversaire et cherchent à s’épanouir dans le chaos.

Après le match, Cancelo n’a pas caché que cette rencontre a marqué un tournant personnel pour lui. Il a estimé qu’il s’agissait de sa meilleure performance depuis son retour. Il a déclaré :

« Mon meilleur match depuis mon retour ? Oui, sans aucun doute. Il s’agit de saisir sa chance. Je m’entraînais très bien et je sentais que l’entraîneur allait me faire jouer. »

C’est révélateur, car il ne s’agit pas du talent de Cancelo. Tout le monde sait qu’il en a. Il est question de son attitude, souvent remise en cause. Il est question de la confiance qui lui est accordée. Il est question d’un joueur qui s’exprime pleinement lorsque son football reste instinctif et non prudent.

Ces dernières saisons, le FC Barcelone s’est davantage soucié de contrôler les transitions que d’attaquer par ses latéraux. Cancelo incarne l’exact contraire de cette crainte : résolument porté vers l’avant, quitte à en payer le prix sur le plan défensif. Chez lui, la prise de risque n’est pas une option.

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Il prouve sa valeur. (Photo : Alex Caparros/Getty Images)

Voici la vérité tactique que le FC Barcelone effleure depuis des années : la meilleure manière de faire sauter un bloc bas n’est pas d’avoir davantage de possession, mais plus de créateurs.

Parfois, ces créateurs prennent les traits de Cancelo, qui porte un numéro de défenseur mais joue avec l’imagination d’un ailier.

Si le match contre Levante n’était qu’un avant-goût de ce qui allait suivre, Cancelo a franchi un cap cette semaine face à l’Atlético de Madrid.

Lors de la victoire 3-0 du FC Barcelone face à l’équipe de Diego Simeone au Spotify Camp Nou, l’international portugais a débuté la rencontre à gauche avant de la terminer à droite.

Son occasion la plus nette est venue sur une combinaison sur corner joué à deux, Cancelo délivrant un centre remarquable que Marc Bernal a repris pour inscrire son deuxième but de la soirée.

Même si le FC Barcelone est passé tout près d’inscrire un quatrième but, Cancelo a rappelé pourquoi il est l’une des meilleures armes pour faire sauter un bloc bas.

Le match face à l’Atlético de Madrid a également offert un aperçu de sa complémentarité possible avec Lamine Yamal sur le côté droit, un schéma qui pourrait se répéter dans les semaines à venir, Jules Koundé étant écarté en raison d’une blessure aux ischio-jambiers.

Les équipes emblématiques du FC Barcelone ont toujours compté des latéraux capables d’évoluer comme des ailiers. Le premier nom qui vient presque immédiatement à l’esprit est celui de Dani Alves.

Ces dernières saisons, toutefois, l’identité des latéraux du FC Barcelone a évolué. Ils sont devenus de simples éléments fonctionnels, et non plus des armes tactiques. Cancelo constitue un pas dans la bonne direction pour rompre cette monotonie.

Cancelo permet au FC Barcelone de passer d’une équipe qui limite les erreurs à une équipe qui maximise les moments clés. L’ancien joueur de Manchester City n’est pas parfait, mais le profil de latéral offensif implique toujours une part de risque — qui peut s’avérer décisive lorsqu’elle paie.

La solution n’est pas de demander à Cancelo d’en faire moins. Il faut bâtir un système autour de lui qui permette à des joueurs de ce profil de s’épanouir sans compromettre l’équilibre défensif. À l’avenir, que ce soit lui ou quelqu’un d’autre, c’est ce profil qu’il faudra cibler.

Pendant des années, les latéraux du FC Barcelone ont souvent fait figure de simples signes de ponctuation : nécessaires, mais pas décisifs. Cancelo, en revanche, est devenu une déclaration.

Et cela, si le club écoute attentivement, constitue une feuille de route claire pour le présent et l’avenir.

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