S’il y avait une « justice du football », ces équipes seraient en Ligue des champions
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Comme Mikel Arteta l’a constaté face au plan de pressing de Pep Guardiola en seconde période lors de la finale de la Carabao Cup, la Premier League réserve toujours des surprises. Le football n’est peut-être pas le plus flamboyant du moment, mais le jeu reste imprévisible. Ce week-end en a été une parfaite illustration, avec des équipes passant brutalement d’un extrême à l’autre, tant dans les performances que dans les résultats.
Le bon élan du Liverpool après sa victoire 4-0 contre Galatasaray a été immédiatement stoppé, tandis qu’un Brighton jusque-là assez terne a poursuivi son redressement. Aston Villa semblait totalement à court d’idées pendant que Nuno Espirito Santo continuait d’affiner son plan, avant que l’équipe d’Unai Emery ne retrouve son allant et ne rappelle à tous sa qualité. Le retour d’une partie de cette qualité, avec notamment Youri Tielemans, aide évidemment.
Surtout, Arsenal semblait avoir tout l’élan dans la course au titre, avant que la Carabao Cup ne permette à Manchester City de faire basculer la dynamique. Les répercussions plus larges de ce match sont détaillées ici, mais un autre point mérite d’être souligné au regard de l’angle de cette newsletter. Tandis que City poursuit son habitude de remporter des trophées sous Guardiola, l’attente continue pour l’équipe d’Arteta. La frustration était visible dans la réaction de Declan Rice. Le trophée qu’ils veulent vraiment est évidemment la Premier League — et ils accepteraient volontiers un tel échange, du type évoqué par Nick Hornby dans Fever Pitch, si une force métaphysique leur garantissait désormais le titre.
Ce match pourrait même donner un aperçu de leur éventuel duel pour le titre avec City. D’ici à ce qu’ils le remportent enfin, la question restera toutefois de savoir si l’incertitude persistante provoquée par cette défaite aura des répercussions plus larges. Comme s’ils avaient besoin de ce déclic.
Sans l’avoir dit, Arteta pourrait bien rappeler à ses joueurs qu’au moins, ils n’ont pas les problèmes de Tottenham.
Ce n’est pas seulement le regain d’optimisme né du nul 1-1 contre Liverpool et de la victoire 3-2 face à l’Atlético de Madrid qui s’est envolé avec cette étonnante défaite 3-0 à domicile contre Nottingham Forest. Toute l’émotion et l’unité suscitées par cette montée en puissance façon Copa Libertadores se sont également dissipées.
Comme l’a résumé après coup une source proche du vestiaire des Spurs : « Comment peut-on recevoir un tel accueil sans réagir à l’ampleur du moment ? Ils auraient dû entrer sur le terrain gonflés à bloc. »
L’ironie, c’est qu’il y a bien eu une réaction. Tottenham a bien commencé le match et semblait canaliser cette énergie dans un plan de jeu cohérent. Les Spurs donnaient même l’impression d’avoir trouvé la clé face à Forest.
Puis est venu le coup de massue. Toute l’adrénaline est retombée, laissant le plan de jeu et l’ensemble de l’approche en lambeaux. Une équipe fragile n’a tout simplement pas su changer de rythme.
Quel moment pour la première victoire de Vitor Pereira en Premier League à la tête de Forest. Et quel contraste.
Il est remarquable de comparer l’ambiance d’avant-match, lorsque les supporters tentaient de pousser Tottenham vers quelque chose de plus grand, aux dernières minutes.
Le sentiment dominant est celui d’une occasion gâchée. Tottenham ne pourra sans doute pas recréer un tel élan, du moins pas de la même manière. C’était le moment.
Le club va une nouvelle fois devoir tenter quelque chose — n’importe quoi — de différent. Tottenham doit aussi faire preuve de sensibilité, alors qu’Igor Tudor vient de subir un deuil personnel avec le décès de son père. Le football est dérisoire face à cela, mais les exigences professionnelles restent importantes pour la direction du club.
Après avoir semblé s’offrir un sursis, Tottenham se retrouve dans une situation encore pire qu’auparavant : 17e au lieu de 16e, un pas de plus vers la relégation. Ce sentiment de gâchis correspond peut-être parfaitement à une saison qui en a été marquée, à l’image de Chelsea et des dépenses engagées.
Ils semblent bien différents de l'équipe qui avait écrasé Villa 4-1 en début de mois.
Un autre aspect de ce résultat paraît désormais remarquable : il s’agit de l’une des deux seules victoires — avec le succès 2-0 de Villa contre West Ham — obtenues par Chelsea, Villa et Liverpool lors des trois dernières journées. La forme des trois équipes est désastreuse.
Avant la victoire de Villa dimanche, l'équipe n'avait pris qu'un point sur 12. Chelsea en compte désormais cinq sur 18, Liverpool un sur neuf.
C’est souvent le cas des équipes en course pour la Ligue des champions, et on l’oublie facilement chaque saison. Pour des clubs qui ont les moyens de lutter pour le titre, tout résultat inférieur relève de la contre-performance — ce qui entraîne naturellement de l’irrégularité. Mais une irrégularité à ce point ? C’est peut-être vrai, mais il est difficile de ne pas estimer que le niveau a été anormalement faible. Liverpool et Chelsea semblent complètement déstructurés.
De son côté, Villa surperforme déjà simplement en figurant dans le top 5. Et s’il y avait une forme de « justice du football », l’une des équipes perçues comme de milieu de tableau les accompagnerait en qualification pour la Ligue des champions.
Face à la sous-performance des équipes les plus riches, on peut dire que Brentford, Everton, Fulham, Sunderland et Bournemouth sont tous au-dessus des attentes.
Avec une telle volatilité dans cette partie du classement, la question est de savoir si l’un d’eux peut finir en tête d’ici la fin de la saison.
Everton et Brentford peuvent y croire. Les deux entraîneurs, David Moyes et Keith Andrews, méritent un immense crédit. Au final, il est juste de dire qu’il s’agit encore d’une saison de milieu de tableau, comme l’an dernier. Les clubs de la classe moyenne du championnat en profitent clairement davantage que nombre d’équipes de l’élite.
Même eux, toutefois, doivent continuer à s'interroger sur la suite.

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