Comment la période d’erreurs d’Igor Tudor a pris un tournant majeur alors que Tottenham a retrouvé le chemin de la victoire
Quatre jours après avoir mis fin à sa disette de points, Igor Tudor n’est désormais plus sans victoire. Son intérim chaotique à Tottenham commence enfin à trouver un sens, huit jours seulement après que le Croate semblait totalement perdu.
Tottenham est éliminé de la Ligue des champions, mais, à l’image de Nottingham Forest, autre candidat au maintien, on peut valablement estimer que l’Europe aurait constitué une distraction indésirable dans la course au maintien. Avec des supporters des Spurs donnant de la voix et toujours présents au coup de sifflet final, la victoire du soir a semblé bien plus importante que l’élimination sur l’ensemble de la confrontation.
Même sans cette victoire marquante, un sentiment d’espoir et de fierté régnait dans les derniers instants de la rencontre. Avec le chant « Oh When The Spurs » repris d’une tribune à l’autre, on n’aurait pas cru voir une équipe menée de trois buts et au bord d’une élimination européenne. Sur le seul plan de la performance, un cap avait été franchi.

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Tottenham bat l’Atlético de Madrid lors du match, mais est néanmoins éliminé de la Ligue des champions (John Walton/PA Wire)
Après le nul de dimanche à Anfield, il y avait le sentiment que Tottenham, avec Tudor sur le banc, commençait à amorcer sa propre opération sauvetage. Les joueurs ont montré davantage de combativité. Bien sûr, les Spurs ne pouvaient pas trop s’en féliciter : ce premier résultat en cinq matches sous les ordres du Croate devait peu à la science tactique de Tudor et beaucoup plus à l’incapacité persistante d’un Liverpool sous pression à bien finir ses actions. Cela restait néanmoins un tout petit pas dans la bonne direction.
La venue de l’Atlético a servi de véritable test pour savoir si l’équipe était sur la voie du redressement. Menée de trois buts après sa débâcle dans la capitale espagnole, une remontada semblait d’emblée compromise. Finalement, ce match a pris des allures d’occasion à saisir, au terme de ce qui sera probablement l’intersaison la plus importante de l’histoire du club.
C’est peut-être pour cela que Tudor a encore modifié son équipe, renonçant à revenir à une défense à trois qui avait encaissé quatre buts en 22 minutes au Metropolitano. À la place, Radu Dragusin a été aligné au poste d’arrière droit, tandis que Micky van de Ven et Cristian Romero ont reformé la charnière centrale titulaire, avec Pedro Porro décalé sur le côté droit dans un 4-2-3-1 — le quatrième système utilisé par Tudor en six matches.

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Igor Tudor décroche sa première victoire à la tête de Tottenham après que ses choix ont enfin porté leurs fruits
Mais dans cette configuration, quelque chose a commencé à fonctionner offensivement pour Tottenham. Les hommes de Tudor ne semblaient plus amorphes ni en manque d’inspiration en attaque. Les Spurs ont affiché un véritable plan de jeu et, pour la première fois depuis sa prise de fonctions, plusieurs choix de Tudor ont porté leurs fruits en même temps. Porro a été très remuant dans des positions plus avancées, tandis que Randal Kolo Muani et Xavi Simons, réintégrés dans le onze après leurs entrées marquantes à Anfield, ont marqué pour valider leur titularisation.
Kolo Muani a offert à Tottenham une ouverture du score méritée à la demi-heure de jeu, en reprenant de la tête le centre millimétré de son compatriote Mathys Tel. Jusque-là, trois des six buts des Spurs sous les ordres de Tudor avaient été dus, au moins en partie, à des erreurs défensives, notamment le deuxième face à l’Atleti la semaine dernière et l’égalisation à Liverpool. Cette fois, le but ne devait rien qu’à la qualité des leurs.

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Randal Kolo Muani a justifié sa titularisation en ouvrant le score pour Tottenham
On peut en dire autant du deuxième but de Tottenham, inscrit cinq minutes après qu’un éclair de génie individuel de Julián Álvarez eut brièvement refroidi l’élan retrouvé à White Hart Lane. Xavi Simons, piqué au vif par une décision du VAR estimant qu’il n’avait pas subi de faute dans l’action ayant amené l’égalisation de l’Atlético, a superbement enroulé une frappe lointaine à la 52e minute.
C’est la malice du Néerlandais qui a offert à Tottenham sa première victoire de 2026, ainsi que son premier succès à domicile depuis le 6 décembre. Après s’être infiltré dans la surface, il a été fauché — un penalty indiscutable malgré une brève intervention de la VAR. Cette fois, la décision a logiquement tourné en faveur de Simon, qui a transformé son tir des 12 yards — une réduction de l’écart dans cette double confrontation, mais peut-être un moment clé dans le renouveau de Tottenham.

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Simons célèbre le but victorieux de Tottenham (PA Wire)
Tottenham a encore affiché de grandes largesses défensives. Les Spurs ont laissé filer leur avantage à deux reprises, la seconde lorsque David Hancko s’est facilement débarrassé de Djed Spence pour reprendre de la tête un corner d’Alvarez et anéantir tout espoir de remontée à 15 minutes du terme. Quelques instants plus tard, Spence est retombé dans les travers « Spursy » du match aller, perdant le ballon dès la remise en jeu et offrant à Alvarez un face-à-face avec le gardien. Sans les exploits de Guglielmo Vicario, cela aurait tourné au déjà-vu : le gardien italien a livré une prestation remarquable, notamment avec une parade sublime sur une demi-volée déviée de Giovanni Simeone, ce qui souligne encore davantage à quel point le pari de Tudor avec Antonin Kinsky a nui aux chances de Tottenham dans cette double confrontation.

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Tottenham a laissé filer son avantage à deux reprises face à l'Atlético (Getty Images)
Mais sans Jan Oblak à l’autre bout du terrain, cette improbable remontada aurait pu devenir une réelle possibilité. Tel et Porro ont tous deux eu d’énormes occasions de ramener l’écart cumulé à un but de part et d’autre de la pause, mais ni l’un ni l’autre n’a réussi à battre l’imposant Slovène.
Il n’y a pas eu de miracle ce soir, mais c’était peut-être ce qu’il y avait de mieux pour Tottenham. Les Spurs doivent désormais se consacrer pleinement à leur maintien en Premier League car, après ce match sans pression, huit finales les attendent, avec en prime le rappel de la sensation de la victoire. Ce devrait être le dernier match de Tottenham en Ligue des champions pour un bon moment : il ne leur reste plus qu’un objectif, éviter la relégation en Championship.