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Retour sur le classement totalement fou de Premier League en mars 2016

Dix ans, c’est une éternité. À la fois une histoire récente et de quoi vous faire sursauter en découvrant, sur des photos floues, votre propre interprétation de la haute couture

Le football change aussi inexorablement en l’espace d’une décennie. En mars 2016, Roy Hodgson était le sélectionneur de l’Angleterre, la règle des buts à l’extérieur s’appliquait en Ligue des champions et personne n’avait encore dénaturé le jeu avec la VAR.

Rien ne dure éternellement et rien n’est permanent. Ce fait incontestable donne son sens à la vie, en relevant la monotonie du quotidien de la plupart des gens.

Alors que la Premier League marque une pause pour la dernière trêve internationale de la saison, il vaut la peine de se rappeler à quoi ressemblait le classement à la même date il y a 10 ans.

La lutte pour le maintien a été l'une des plus passionnantes de ces dernières années, avec trois clubs très soutenus au bord de la relégation.

Aston Villa était pratiquement condamné après des années de mauvaise gestion qui ont vidé le club de sa substance. Ce serait sa première relégation de l'élite depuis 1987.

Pendant ce temps, deux rivaux du Nord-Est avaient tenté le tout pour le tout pour éviter l’humiliation. Sam Allardyce a pris suffisamment de points pour maintenir Sunderland à flot, mais le remplacement de Steve McClaren par Rafa Benitez n’a pas suffi à sauver Newcastle.

Les Black Cats d’Allardyce ont dépassé Norwich. Le corpulent Samuel s’est offert un verre de vin et le poste de sélectionneur de l’Angleterre.

Dix ans, c’est long. Que ne donneraient pas Swansea, Stoke, West Brom et Watford pour le brevet d’une machine à remonter le temps ?

Mais la saison 2015-2016 a été une sorte d’année sabbatique officieuse pour les plus grands clubs du championnat. Chelsea a lâché José Mourinho et s’est retrouvé à végéter à la 10e place sous les ordres de Guus Hiddink.

Le choix de Liverpool de remplacer Brendan Rodgers par JĂĽrgen Klopp suscitait des doutes, notamment au sein de la famille proche de Rodgers.

Mais Rome ne s’est pas faite en un jour, pas plus que la grande équipe des Reds de Klopp. Pour l’instant, une place à l’abri dans la première moitié du tableau et un parcours en Ligue Europa ont maintenu le soutien des supporters de Liverpool.

Sous Louis van Gaal, Manchester United a traversé une période offensive très pauvre : avec 38 buts en 30 matches, le club faisait moins bien qu’un Everton en difficulté et qu’un Southampton en plein essor.

Marcus Rashford avait néanmoins éclaté au grand jour et redonné vie à un United à l’agonie. United finirait 5e et remporterait la FA Cup, mais Van Gaal a en pratique été écarté par texto.

Leurs rivaux de la ville attendaient patiemment la fin de l’ère Pellegrini, sachant que Pep Guardiola prendrait les rênes durant l’été. Arsenal restait fidèle à lui-même.

Cela a permis à trois équipes inattendues de faire les gros titres, à mesure que les journées de mars s’allongeaient et que la Premier League devenait, fait inhabituel, véritablement intéressante.

West Ham surfait sur une vague d’émotion lors des derniers mois passés dans son cher Upton Park. Slaven Bilic avait bâti une équipe flamboyante, emmenée par le génial Dimitri Payet.

Payet était en pleine apogée sur coups francs, signant semaine après semaine des réalisations toujours plus spectaculaires et devenant le premier joueur de West Ham depuis Laurent Courtois à se retrouver dans la course au Ballon d’Or.

Une série de décisions arbitrales contestables et une défense passoire ont coûté aux Hammers une place en Ligue des champions, mais ils ont tout de même terminé septièmes.

Sous l'autorité de Mauricio Pochettino, la jeune équipe de Tottenham était devenue un prétendant inattendu au titre.

Harry Kane s’était imposé comme la révélation de deux saisons, les passes décisives de Christian Eriksen faisaient presque autant parler que sa ligne capillaire, et Dele Alli vivait une saison d’éclosion mémorable.

Dele est peut-être le plus grand symbole de son époque. Très frêle, mais doté d’un toucher de balle exquis et d’un vrai sens du but, le milieu de terrain n’aurait jamais eu le même impact dans le championnat de 2026, obsédé par la puissance physique.

L’enthousiasme grandissait à White Hart Lane (RIP), mais la saison a finalement appartenu à Leicester.

Leur course au titre a fait les gros titres dans le monde entier en 2016 : les Américains peinaient à prononcer ce nom, et partout ailleurs, on avait du mal à en croire ses yeux.

Donné à 5000 contre 1 avant le début de la saison, le sacre de Leicester a incarné le conte de fées moderne par excellence.

Leicester comptait cinq points d’avance sur les Spurs fin mars, mais a gardé son sang-froid en enchaînant de courtes victoires. En revanche, les Spurs ont complètement perdu leurs nerfs à Stamford Bridge.

Riyad Mahrez, N’Golo Kanté et Jamie Vardy sont devenus des noms familiers, tandis que l’entraîneur Claudio Ranieri a enfin perdu son étiquette de « Tinkerman ».

Les plus grands clubs de Premier League ont réagi immédiatement. Ils ont tous dépensé massivement cet été-là pour s’assurer qu’il n’y aurait plus jamais un autre Leicester, aidés ensuite par plusieurs changements de règlement en leur faveur.

Dix ans plus tard, Leicester a chaviré sur le plan financier et lutte pour éviter une relégation en League One. Tottenham et West Ham flirtent eux aussi dangereusement avec une relégation ruineuse de l'élite.

Plusieurs clubs bien gérés, comme Brentford et Brighton, les ont désormais dépassés. Nottingham Forest et Leeds sont sortis du purgatoire des divisions inférieures pour rivaliser de nouveau avec les cadors.

Rien ne dure éternellement et rien n’est permanent. Mais il est difficile d’imaginer le football dans une meilleure situation dans 10 ans.

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