Arsenal laisse filer sa chance contre Brentford et met en lumière le changement crucial nécessaire pour résister à Manchester City
Arsenal a fait le plus difficile, avant de céder dans ce qui est censé être son point fort, rendant la course au titre encore plus compliquée. Mais cela s’explique en grande partie par Brentford. L’équipe de Keith Andrews a battu — ou peut-être tenu en échec — Arsenal sur son propre terrain de jeu.
Brentford a pleinement mérité l’égalisation de Keane Lewis-Potter sur coup de pied arrêté, et ce nul 1-1 réduit finalement l’avance d’Arsenal à seulement quatre points.
Ils ont même semblé les plus proches de l’emporter en fin de match, la grosse occasion tardive de Gabriel Martinelli n’étant arrivée qu’après des interventions cruciales de Cristhian Mosquera et Declan Rice pour Arsenal.
Voilà pourquoi Brentford est toujours considéré comme l’un des vrais tests de Premier League, peut-être plus exigeant que jamais. C’est le duel le plus classique, celui que les équipes doivent vraiment surmonter.
Ne pas gagner ce match ne signifie pas que vous ne remporterez pas le titre, mais c’est une rencontre qui permet de montrer votre caractère et votre capacité à vraiment changer de rythme dans la course au titre.
Le minimalisme d’Arsenal n’a pas suffi ici. Cela pourrait finalement servir de nouvel avertissement.
Mikel Arteta sera surtout frustré de voir que cela aurait dû suffire. Arsenal avait pris l’avantage grâce à une belle tête de Noni Madueke, mais l’équipe qui sait habituellement fermer les matches s’est encore fait ouvrir à plusieurs reprises.
Brentford a réussi à les déstabiliser. Après avoir concédé le but, l'équipe a immédiatement haussé son niveau dans plusieurs domaines. Il est rare de voir Arsenal autant en difficulté sur phases arrêtées.
Cela s'explique peut-être en partie par l'absence de William Saliba.
Les Gunners ne se sont mis en route que trop tard dans le match, laissant à Brentford cette marge.
Cela s’est vu au fait qu’ils n’ont tenté qu’un seul tir en première période, leur total le plus faible sur les 45 premières minutes depuis la déroute 5-0 face à Manchester City en août 2021.

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Noni Madueke, d’Arsenal, célèbre le premier but de son équipe (Arsenal FC via Getty Images)
Arteta cherche encore le bon équilibre, mais penche trop souvent vers le contrôle. L’impression demeure celle d’une équipe qui tente de gagner le championnat sur des probabilités calculées plutôt que sur une véritable efficacité finale, au point que l’entraîneur, si proche du but, ne prend pas assez de risques.
Vous l’étendez presque aux dépenses.
L’une des raisons pour lesquelles Arsenal en est là dans toutes les compétitions est la profondeur de son effectif, même s’il est parfois difficile de ne pas se demander si le club aurait pu utiliser son budget un peu différemment.
L’attaque de départ lors de ce match en a été un parfait exemple. Aussi bons que soient Viktor Gyokeres et Madueke chacun dans leur registre, le club aurait-il été mieux inspiré de regrouper les quelque 107 millions de livres investis sur les deux pour miser sur un seul « tueur » — une star d’un tout autre calibre qui lui manque encore ?
Même Leandro Trossard, aussi brillant ait-il été avec le club, donne souvent l’impression d’être plus un joker de luxe qu’un titulaire.
Eberechi Eze a été recruté pour apporter ce supplément d'éclat, mais il lui sera difficile d'être à la hauteur s'il enchaîne sans cesse les entrées et sorties.
Et après cette première période, Arteta a procédé à des changements.
Martin Odegaard est entré en jeu. Le Norvégien a eu un impact immédiat et a contribué à provoquer l'ouverture du score.
Il restait un sentiment de ce qui aurait pu être.

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Cristhian Mosquera, d’Arsenal, célèbre avec ses coéquipiers (Arsenal FC via Getty Images)
Madueke reste un joueur aussi séduisant que frustrant, comme s’il lui manquait encore certains éléments pour compléter son jeu. L’un d’eux est la qualité de centre.
À de nombreuses reprises, il fait des merveilles pour éliminer son vis-à-vis, souvent en le mettant en difficulté, avant de tenter le même centre lobé et lent, si facile à défendre.
Il a peut-être vu les bénéfices d’une action plus classique à la 61e minute, permettant au joueur de 23 ans de montrer l’efficacité qu’il laisse souvent entrevoir.
Les changements d’Arsenal ont commencé à repousser Brentford dans son camp, avec un Odegaard particulièrement en vue.
C’est son pressing qui a poussé la défense d’Andrews à la faute, le ballon arrivant ensuite dans les pieds de Piero Hincapie. Ce dernier a adressé un excellent centre, même si Madueke semblait s’être avancé un peu trop tôt. Finalement, c’est Caoimhin Kelleher qui a été pris à contre-pied, en grande partie à cause de l’agilité impressionnante de Madueke.

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Keane Lewis-Potter de Brentford célèbre après avoir inscrit le premier but de son équipe (REUTERS)
L'ailier s'est cambré pour placer une tête lobée dans le petit filet opposé.
L'action aurait dû s'arrêter là, mais Odegaard s'est ensuite montré davantage fautif à l'autre bout du terrain. Il n'a fait que tendre la jambe sur l'une des offensives aériennes de Brentford, permettant à Lewis-Potter de placer une superbe tête.
Arsenal a eu de la chance de ne pas encaisser à nouveau sur cette action.
Brentford ne se résume pas à une équipe gênante ou athlétique. Tout ce qu’il fait est d’une grande précision, à l’image d’un club moderne fondé sur l’analyse des données. On distingue presque la science derrière chaque mouvement, dans la manière dont le ballon est joué vers des zones à forte probabilité.
L’une de leurs attaques favorites consiste à voir un ailier centrer en première intention dans la surface adverse en contre, ce qui crée immédiatement le danger.

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Bukayo Saka et Declan Rice, d’Arsenal, affichent leur déception après le but de Keane Lewis-Potter pour Brentford (Action Images via Reuters)
Arsenal a dû rester vigilant, en particulier lorsque le pressing de Brentford a poussé David Raya à tenter de lancer le ballon vers Rice. Sa relance, trop imprécise, a permis à Mathias Jensen de dépouiller le milieu, de se retourner puis d’adresser un ballon idéal à Igor Thiago.
Cela ne pouvait vraiment pas mieux se passer. Thiago a sans doute cru tenir la tête qu’il fallait pour marquer, et il aurait probablement dû trouver le chemin des filets, mais Raya était déjà revenu à temps pour se détendre et réaliser l’un des arrêts de la saison.
C'était un retour crucial. Il pourrait s'avérer important à long terme. Mais plus que ces moments individuels, Arsenal retiendra surtout ces deux points perdus.